Ghada
Amer

Née en 1963 au Caire (Égypte), Ghada Amer s’installe à Nice avec ses parents en 1974. Sa jeunesse et le début de sa carrière artistique sont marqués par les changements sociopolitiques et la montée en puissance des discours idéologiques radicaux dans son pays natal, autant que par le sexisme auquel elle fait face dans le milieu artistique français. Moment déterminant dans sa vie, elle se voit ainsi refuser l’entrée aux cours de peinture de la Villa Arson sous prétexte que la figuration picturale serait dépassée et que les chances de réussite d’une femme artiste seraient infimes. Cette injustice, à partir de laquelle elle prendra conscience de l’exclusion des femmes dans l’histoire de l’art, et sa découverte dans le cadre d’un échange à la School of the Museum of Fine Arts (Boston) de femmes artistes contemporaines engagées, telles que Jenny Holzer ou Barbara Kruger, auront une influence sur sa pratique et son engagement personnel.

À travers ses peintures, sculptures, photos, projets d’installations et création de jardins, et avec des médiums aussi variés que la broderie, la céramique, la peinture ou le bronze, Ghada Amer prend à contre-pied pour mieux les interroger les notions traditionnelles d’identité culturelle, de féminin et de masculin et les rapports de domination qu’ils impliquent, ou encore de fondamentalisme religieux. Son travail polymorphe célèbre plus particulièrement la figure de la femme et rejette, à travers ses représentations érotiques, les lois et pratiques vouées à contrôler l’attitude des femmes vis-à-vis de leur propre corps. 

L’œuvre sur céramique Portrait of the Revolutionary Woman (Portrait de la femme révolutionnaire, 2017) est la représentation, dont les traits grossiers rappellent des fils de laine, d’une femme de profil au regard déterminé et à l’air guerrier. L’estampe du même nom, datant de 2023, transpose ce portrait sur un des médiums de prédilection de l’artiste, le tissu, et fait référence à une pratique considérée culturellement comme « féminine », la broderie, pour mieux explorer la construction du rôle de la femme, de la sexualité et de l’amour dans les sociétés contemporaines.

Le travail de Ghada Amer fait partie de nombreuses collections, parmi lesquelles l’Art Institute of Chicago (États-Unis), le Centre Georges Pompidou (Paris, France), le Fond national d’art contemporain (Paris, France), le LaM (Villeneuve-d’Ascq, France), la Fondation Barjeel (Sharjah, Émirats arabes unis), le Brooklyn Museum (New York, États-Unis). 

Ghada Amer est représentée par la galerie Marianne Boesky et Tina Kim (États-Unis), la galerie Kewenig (Europe) et la galerie Marian Goodman (Europe, Afrique). 

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