Felix Gonzalez-Torres Roni Horn

collectif
42,65 €
TTC

Catalogue de l’exposition « Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn ». Dans la continuité de leur profonde amitié et à partir d’œuvres emblématiques conservées par la Collection Pinault, l’exposition fait dialoguer les œuvres de l’un et l’autre, comme si leur discussion continuait d’exister au présent.

Textes de Felix Gonzalez-Torres, Roni Horn, Caroline Bourgeois, Elisabeth Lebovici, Elena Filipovic, Julie Ault

Catalogue de l’exposition « Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn ». L'exposition proposée à la Bourse de Commerce est d’abord un rêve, celui de pouvoir présenter deux artistes dont le travail et l’engagement ont énormément compté pour leurs pairs. Dans la continuité de leur profonde amitié et à partir d’œuvres emblématiques conservées par la Collection Pinault, l’exposition fait dialoguer les œuvres de l’un et l’autre, comme si leur discussion continuait d’exister au présent.

Dans la continuité d'un échange créatif entre les deux artistes, nourri pendant plusieurs années et brutalement suspendu par la disparition de Felix Gonzalez-Torres, l’exposition de la Bourse de Commerce est rendue possible grâce à l’implication de Roni Horn, avec la complicité de la Felix Gonzalez-Torres Foundation. Entre installations, photographies et sculptures, le dialogue des deux artistes se perpétue à travers une série d’œuvres à la beauté fragile et à l’extrême puissance émotionnelle, tout en miroir et en lumière, avec la conviction que « l’acte de regarder chacun de ces objets est transfiguré par le genre, la race, la classe social et la sexualité » (Felix Gonzalez-Torres). Au cœur de leur travail, et dans cette exposition en particulier, il s’agit donc de saisir le caractère « intermédiaire » de l’existence, la dimension d’entre-deux, prise dans cette tension entre présence fragile et irréductible disparition. Le dialogue entre les œuvres de Roni Horn et de Felix Gonzalez- Torres s’ancre dans le balancement entre ces deux polarités, entre vie et mort, entre le public et le privé, le personnel et le social, « entre la peur de la perte et la joie d’aimer, de croître, de changer, de devenir toujours plus… » (Felix Gonzalez-Torres interviewé par Tim Rollins, in Felix Gonzalez-Torres, New York, A.R.T. Press, 1993).

Felix Gonzalez-Torres est né à Cuba en 1957. L’ensemble de ses œuvres constitue un projet autobiographique de grande ampleur, à la fois intime et universel, en partage avec le public. Dès le milieu des années 1980, l’artiste crée des œuvres fortement liées à l’intersubjectivité : ses installations – issues de protocoles adaptables aux lieux et aux projets – entrent en interaction avec les visiteurs. Felix Gonzalez-Torres a vécu dans pas moins de quatre pays différents (Cuba, Espagne, où il passa quelques mois, Porto Rico, États-Unis – plus particulièrement New York, où il vécut la majeure partie de sa vie d’adulte). Son œuvre évoque à plusieurs reprises la question du déracinement, de la difficulté de circulation, de la position d’étranger dans un pays d’adoption, et de la nostalgie d’un pays dans lequel on ne peut retourner.
Felix Gonzalez-Torres aborde souvent des thèmes tragiques, liés à la condition humaine – comme la maladie, la perte, la mort –, nourris de thèmes plus politiques tels que l’injustice sociale, l’inégalité économique, l’homophobie. Son travail conceptuel emprunte aussi les voies de l’activisme politique, notamment avec Group Material, un collectif d’artistes fondé en 1979 qui visait à s’imposer comme une voie alternative au système de l’art new-yorkais des années 1980. Constitué, entre autres, de Hans Haacke, Jenny Holzer, Julie Ault, Barbara Kruger, Louise Lawler, ce collectif a réalisé, jusqu’en 1996, des projets et des expositions portant sur des thèmes politiques et sociaux de l’époque.
Le sida, maladie causée par le VIH (Virus d’Immunodéficience Humaine) – dont il meurt à 39 ans en 1996, après son compagnon, Ross Laycock, emporté par la maladie quelques années plus tôt, en 1991 – est au cœur de sa vie et de son œuvre. Empreintes de mélancolie, les œuvres de Felix Gonzalez-Torres proposent un rapport nouveau entre l’art, le public et l’institution. Son œuvre se fonde sur le pouvoir d’évocation, transformant les objets les plus courants en instruments poétiques.

Roni Horn est née à New York en 1955. Après ses études universitaires, elle obtient une bourse qui lui permet d’entreprendre un long voyage à moto, en Islande, un territoire où elle reviendra régulièrement au cours des décennies suivantes, arpentant ses paysages les plus isolés. La singularité de l’île, l’instabilité de son climat, ses paysages changeants et contrastés, ces expériences de solitude sont pour l’artiste une source incessante et primordiale d’inspiration. Initialement influencée par la leçon du minimalisme de Donald Judd, l’artiste s’en éloigne et développe une recherche personnelle qui explore la transformation et la mutabilité de l’art, du temps, de la subjectivité et de l’identité, en soulignant le caractère évolutif de la matière des objets qu’elle produit. Roni Horn décrit son travail comme l’incarnation de l’appropriation de la nature par l’être humain. Elle cherche à donner forme au processus du devenir, comme le montrent ses travaux inspirés du paysage islandais, de la mutabilité et des nuances de l’eau, ou des traits humains. Dans sa pratique artistique, l’identité – individuelle ou géographique – n’est pas un concept figé, monolithique, mais un « état » – comme un état de la matière – soumis à variations, mutations, métamorphoses, et au passage du temps. Son art, riche de multiples pratiques et moyens d’expression, convoque divers médias (dessins, installations photographiques, sculptures, écriture).
Au cœur de son œuvre, il y a également la littérature, et plus particulièrement la poésie. Roni Horn a, dès les années 1980, travaillé avec les mots de poètes (Wallace Stevens, William Blake) et d’écrivains (Flannery O’Connor, Clarice Lispector, Franz Kafka), et tout particulièrement ceux d’Emily Dickinson, que l’on retrouve dans plusieurs de ses œuvres sculpturales, qui souligent ainsi l’importance de la littérature dans la formation de son propre langage formel.

Nombre de pages
176 pages
Dimensions
21,8 x 28 cm
Langue
français/anglais
Année de parution
2022
Reliure
Livre relié, dos carré collé
Editeur
Éditions Dilecta / Pinault Collection
ISBN
978-2-37372-149-2
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