Monde Flottant I, 2025
Gravure à l'aquatinte, impression en bichromie par l'artiste sur papier BFK
53 x 75 (papier) / 33 x 50 (image)
15 éditions
Artiste nomade, Lucile Soussan se définit avant tout comme une chasseuse-cueilleuse d’images. Les photographies constituent la matière première de son travail. En modelant par le dessin et la gravure ses « collectes », elle rend poreuse la frontière entre mémoire et imaginaire.
Ses estampes en clair-obscur rendent hommage au travail du photographe américain George Shiras mais cette fois, la furtivité de la prise de vue se transforme à travers le procédé de la gravure à l’aquatinte en une étude de la lumière quasi- mathématique. En « peignant » successivement de la clarté à l’obscurité la plus totale, elle déploie la profondeur des images et tente de transpercer le mystère de ces nuits d’encre. « Les lianes blanches et fines remontent dans la pénombre comme les fils d’une harpe géante » confiait à son journal Raymond Maufrais, explorateur disparu en Guyane.
L’absence presque totale de la faune met en scène l’idée d’un basculement de « règne », comme le nomme Jean-Christophe Bailly, où l’animal, tapi dans l’ombre est au seuil de l’image.
En mer pourtant, il franchit la page. Dessiner ces créatures, c’est découvrir un camouflage qui n’est ni de l’ordre de la texture, ni de la couleur mais de la lumière. Ici l’animal est une onde, une lentille à travers laquelle l’environnement se déforme."Corps-décor" écrit Georges Didi-Huberman dans Phasmes. Pour dépeindre ces simulacres, Lucile Soussan maquille la feuille plus qu’elle ne dessine. Ces rencontres animales aussi furtives qu’immatérielles visent à rétablir le contexte sensible dans lequel les animaux évoluent. « Plus nous en savons, plus ils s’éloignent » écrit John Berger dans Pourquoi Regarder les animaux.
- Type d'œuvre
- œuvre sur papier
- Dimensions
- 53 x 75 cm (papier) / 33 x 50 cm (image)
- Encadrement
- Sur devis
- Année
- 2025
- Authenticité
- Signature
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