Tablitas Para no olvidarte 1

Tablitas Para no olvidarte 1

Rosa Maria Unda Souki
947,87 €
TTC

Tablitas Para no olvidarte 1, 2024
Huile sur bois
14 x 18 cm

 

« Les sujets qui motivent ma création sont issus de la mémoire et du quotidien de la « maison » comme espace intime, comme lieu habité. Mes oeuvres cherchent à questionner la permanence des espaces et des objets et la fugacité de la présence humaine. Ma production est basée sur la recherche historique, mais aussi sur mon expérience personnelle et spatiale de l’endroit choisi, que je transcris dans des annotations, croquis et carnets de recherche préalables à la création sur la toile ou sur le papier. L’élaboration des oeuvres se produit au cours de ce processus, qui ne renvoie pas seulement à l’expérimentation formelle de la peinture ou du dessin et de sa matérialité, mais également à une construction de relations et de significations autour de l’espace, de son habitant et de la mémoire au-delà des limites culturelles ou géographiques. Mon travail prend forme par des vaste séries des oeuvres sur toile ou sur papier autour d’un même sujet ou d’une même thématique. »

Rosa Maria Unda Sunki à propos de sa pratique.

La série « Tablitas para no Olvidarte » est une série de petites huiles sur bois débutée pendant le premier confinement. Il constitue pour l'artiste un retour sur sa maison d'enfance, le lieu de sa première référence intime. Ce groupe de petites huiles a été fait avec une utilisation réduite de tonalités et de matériaux, ainsi qu’à travers l’utilisation minimale de détails et d’éléments de composition. Il s’agit d’un portrait de ce lieu, de façon succincte, simple, modeste, essentiel. Une mémoire qui revient, maladroitement, dans l’urgence de retentir des repères, de refondre les références, de ne pas perdre ce qui m’est précieux : un lieu, un temps, des présences.

La série « Tablitas para no Olvidarte » est actuellement présentée à la galerie, dans le cadre de l'exposition collective « À fleur de paume ».

« À fleur de paume » propose une relecture actuelle de la miniature dans le champ des arts visuels. Des œuvres de petit format représentant portraits, fragments de corps, d’objets ou de paysages sont réunies dans un accrochage, évoquant par endroits le cabinet de curiosités, pour mieux interroger ces figures chéries, porteuses de mémoire(s), d’extraordinaire et de dérisoire, que l’on tient au creux de la main, que l’on garde dans un coin de la tête, au fond d’un tiroir ou d’une poche.

Des amulettes conservant une part de magie protectrice depuis les temps illustres de l’Égypte ancienne aux lettres ornées déployées avec délicatesse à l’amorce des chapitres des ouvrages médiévaux, des curiosités exposées en guise de singulières merveilles dans les alcôves et étagères des Wunderkammer à partir du xvie siècle aux « objets de vertu » dont l’orfèvrerie raffinée trouve son apogée au xviiie, des natures mortes aux tableautins souvent considérés mineurs dans les classements académiques d’autrefois : les créateur·rice·s de toute époque, anonymes, artisan·e·s ou artistes, ont façonné des artefacts et des images capables de contenir le monde, ses forces obscures ou syncrétiques, dans un espace réduit et mouvant. En marge des représentations grandiloquentes, ces œuvres s’observent dans un rapport intime et familier. Il ne s’agit pas pour autant de se tenir à l’écart des beautés comme des tumultes, mais de préserver une distance propice au dialogue et à la réflexion plutôt qu’à l’enivrement.

Au gré de l’écoulement des flux globalisés, dont la densité et la vitesse ne cessent de croître depuis l’éclosion de la modernité, les choses – auparavant singulières – deviennent produits de consommation et de communication de masse. L’expansion des réseaux médiatiques actuels achève de défaire l’illusionnisme de l’unicité des images, tant elles demeurent à présent prises dans un magma de pixels, dégoulinant dans un continuum permanent sous l’action effrénée de nos pouces caressant les écrans.

S’exprimer aujourd’hui à travers un format condensé déploie plusieurs résonnances. Peut-être s’agit-il de joindre l’action de la main à celle de l’œil afin de réveiller des sensations haptiques. Peut-être est-ce un écho à la dimension même des vignettes que l’on charrie et balaye sur nos smartphones. Peut-être est-ce une manière de s’éloigner de l’éblouissement du spectaculaire afin d’explorer ce qui gravite dans ses marges. Peut-être est-ce s’extraire du foyer incandescent pour faire danser nos regards et nos imaginaires sur des cendres volatiles. Peut-être est-ce faire aveux d’humilité face aux tremblements qui déstabilisent la planète. Peut-être est-ce cristalliser une forme et marquer un moment de suspension dans la course du temps.

L’exposition « À fleur de paume », sans chercher de réponse ou d’affirmation, écrit une phrase poétique dans l’espace proposant de multiples points d’entrée. Cette dernière, ouverte, suggère une ligne temporelle conviant à une traversée circulaire qui nous fait ricocher sur un archipel de formes, de figures et d’objets. La curiosité s’aiguise lorsque, au milieu du parcours, l’accrochage rejoue le cabinet de curiosités. Ce dernier colore l’ensemble d’une dimension domestique que l’on retrouve dans une galerie de portraits qui, au fond, nous interpellent par leur étrange familiarité. Petits formats et miniatures, tableaux, objets et sculptures engagent à une caresse de l’œil et incitent à adopter une approche sensible, voire intime. Chaque œuvre invite à plonger dans des micro-récits qui, hors des canons de l’histoire, nous permettent de décentrer nos regards et de nous engouffrer dans l’entrelacement des mémoires individuelles et collectives. L’exposition trouve enfin une résonnance dans la littérature d’Orhan Pamuk, et plus particulièrement dans son roman Le Musée de l’innocence. Dans ce dernier le protagoniste principal, Kemal, finit par constituer un musée à partir des objets qu’il a subtilisés dans la maison familiale de la femme qu’il a perdue. Les menus trésors éclectiques qu’il rassemble dressent en creux un portrait de leur relation passée, mais aussi celui d’une tranche d’histoire, celle d’Istanbul, où le couple a vécu. En écho à ce récit, les œuvres ici réunies apparaissent comme autant de fragments d’histoires dont il reste à tirer les fils du bout des doigts."

Thomas Fort, mai 2024

Type d'œuvre
Peinture
Dimensions
14 x 18 cm
Année
2024
Authenticité
Signature

Vous aimerez aussi

  • Suivi personnalisé des commandes Suivi personnalisé des commandes
  • Expédition sur-mesure, assurée et suivie de vos œuvres Expédition sur-mesure, assurée et suivie de vos œuvres
  •  Devis et gestion de vos encadrements sur demande  Devis et gestion de vos encadrements sur demande
Product added to wishlist